Les systèmes complexes se caractérisent, entre autres, par le fait qu'ils forment un ensemble intégré de systèmes, vivant tous ensemble dans un équilibre dynamique. Dans ces systèmes, toutes les parties sont connectées et maintiennent un échange continu d'informations, de matière et d'énergie. Une autre caractéristique est la gestion distribuée entre tous ses éléments, ce qui signifie que, contrairement à la gestion verticale ou hiérarchique caractéristique de la plupart des systèmes générés artificiellement, ils se maintiennent eux-mêmes, toujours à un point d'équilibre dynamique.
Quel est le rapport entre la gestion de la production d'énergie et un système complexe ? Si nous prenons comme scénario une région ou un département spécifique, il ne fait aucun doute que le système économique qui le domine est imbriqué dans le système social qu'il abrite, ainsi que dans son tissu technologico-industriel, le tout associé à ses caractéristiques orographiques, à ses ressources naturelles et, enfin, au développement de ses infrastructures. Tous ces éléments sont des aspects différents d'une même réalité, celle du système complexe qui caractérise la région observée.
Jeremy Riftkin, dans son livre "The Third Industrial Revolution", associe des concepts économiques, sociologiques et techniques pour se concentrer sur un récit dans lequel les énergies renouvelables, les communications Internet et la conversion des bâtiments en microcentrales électriques créeront un pouvoir latéral, organique, capable de réguler les systèmes locaux ?
Dans ce contexte, les communautés énergétiques sont construites dans une optique d'autoconsommation énergétique locale, c'est-à-dire de production d'énergie créée sur le lieu même où elle est consommée, bien que cette production puisse être destinée à un usage individuel ou collectif. Cette idée a été dotée d'une identité juridique, composée de membres, qui peuvent établir de manière coopérative des objectifs pour obtenir de l'énergie, qui peut être destinée à la consommation de la coopérative elle-même ou à celle de tiers.
Tels sont les principaux avantages et bénéfices des communautés énergétiques, tant pour leurs membres que pour la société dans son ensemble :
Si les communautés énergétiques se développent de plus en plus en Espagne, la communauté "Vauban" de Fribourg, en Allemagne, mérite d'être mentionnée. Dans cette ville d'environ 230 000 habitants, selon les chiffres officiels, les émissions de CO2 ont été réduites de 20 % depuis les années 1990, et l'objectif est de les réduire de 50 % d'ici 2030. Fribourg est également une ville riche, dont le PIB par habitant est supérieur d'environ 10 % à la moyenne européenne.
Les communautés de l'énergie sont-elles donc propices à la gestion et au développement organiques et surtout durables des systèmes locaux et régionaux dans lesquels elles s'inscrivent ?
Pour tenter de répondre à cette question, il est nécessaire d'introduire le concept de solutions basées sur la nature (NBS). Les systèmes complexes ont tendance à être gérés par des relations transversales d'éléments autonomes et distribués. D'autre part, les systèmes complexes dans la nature tendent à atteindre un point d'équilibre dynamique qu'ils maintiennent toujours efficacement, en s'adaptant naturellement à toutes leurs évolutions possibles.
Ainsi, la BNS peut être considérée comme un concept "outil" qui inclut un certain nombre d'approches différentes, toutes basées sur l'adaptation naturelle des écosystèmes. Ces approches, issues de différentes disciplines, ont en commun l'intérêt d'utiliser les fonctions des écosystèmes pour résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés, comme par exemple dans le cas de cet article : la production, la gestion et la consommation d'énergie dans des zones plus ou moins étendues, la réduction des émissions de CO2 par rapport aux solutions conventionnelles, ainsi que l'aide au progrès économique et social, dans un cadre durable et une évolution naturellement contrôlée.
Les communautés de l'énergie s'avèrent être un puissant outil de changement, favorisant la transition vers les sources d'énergie renouvelables et les pratiques durables, tant au niveau local que mondial. En favorisant l'économie locale, en économisant sur les coûts énergétiques et en promouvant la résilience des communautés, ces communautés établissent de nouvelles normes en matière de gestion et de consommation de l'énergie.
Ce modèle transversal et distribué permet non seulement d'améliorer la durabilité et l'efficacité énergétique, mais aussi de renforcer le tissu social et économique des communautés.