L'innovation est la clé du progrès économique et social des villes. De plus en plus d'innovations sont introduites dans nos environnements urbains afin d'améliorer la qualité de vie des citoyens qui y vivent et de rendre leurs espaces plus accessibles, équitables et durables.
Dans ce sens, et pour faire face aux défis auxquels les villes sont confrontées, un concept se développe depuis des années qui permet aux utilisateurs et aux bénéficiaires des produits et des services d'être intégrés dans le processus de création de ces derniers, afin d'atteindre les objectifs qu'ils se sont fixés et d'obtenir un degré de satisfaction plus élevé. Avec l'idée de l'innovation ouverte, des living labs sont apparus dans différents domaines et secteurs, avec des adaptations spécifiques de l'environnement pour leur déploiement.
L'un des domaines dans lesquels ils ont été le plus développés est celui de la mobilité urbaine. Les laboratoires de mobilité urbaine reposent sur l'idée que la mobilité n'est pas seulement une question technique ou d'infrastructure, mais qu'elle comporte des dimensions sociales, culturelles, économiques et environnementales, qui nécessitent une approche globale et transdisciplinaire.
Afin de recréer le plus fidèlement possible les conditions dans lesquelles les citoyens se déplacent et interagissent, des environnements d'expérimentation réels ont été déployés pour servir de véritables bancs d'essai à des prototypes, services ou produits innovants, en intégrant les usagers de la mobilité dans le processus de validation et de co-création.
D'une part, ces espaces permettent de s'adapter précisément aux besoins et aux exigences des utilisateurs ; d'autre part, ils permettent la collaboration entre tous les agents par le biais d'un processus d'innovation ouverte, et ils rapprochent également la technologie et l'innovation des citoyens.
Ce type d'espace intègre des caractéristiques qui en font une infrastructure très utile pour la ville et son écosystème d'innovation, en raison de sa quadruple nature :
D'autre part, les laboratoires de mobilité urbaine ont besoin d'un cadre normatif et réglementaire spécifique qui favorise et permet le développement des activités déployées, et qui reconnaît et légitime la valeur et l'impact des solutions générées pour la société.
De nombreux laboratoires de vie urbaine sont en cours de développement au sein de l'Union européenne. Un exemple en est le Urban ICT Arena située dans la ville scientifique de Kista en Suède. Cet espace permet de tester des projets de mobilité en recréant l'environnement urbain, en adaptant l'infrastructure, en testant des projets IoT, des véhicules innovants ou des développements de connectivité 5G.
Un autre exemple se trouve à Londres, au Royaume-Uni, au Smart Mobility Living Lab Londondéployé sur les voies publiques et privées de Londres, où il est possible de valider les innovations et les technologies en matière de mobilité et de transport dans un environnement réel et connecté.
En Grèce, le Smart Mobility Living Lab de Thessalonique, géré par l'Institut hellénique des transports et le Centre de recherche et de technologie Hellas, est l'un des plus grands laboratoires vivants d'Europe, tandis que la ville entière est une plateforme d'essai pour des solutions technologiques innovantes en matière de mobilité, de véhicules autonomes, de solutions de ville intelligente, etc.
En Espagne, dans le cadre du projet Digizity, le premier laboratoire vivant sur la mobilité urbaine a été développé avec l'environnement pertinent de Saragosse.
Ce laboratoire vivant a été déployé le long de 8 km de la ligne de bus 40 de la ville, exploitée par Avanza. L'environnement a été adapté en peignant la voie, en déployant des capteurs sur les abribus, les totems et d'autres véhicules, et en adaptant les contrôleurs de feux de circulation pour tester les fonctionnalités du bus efficace, intelligent et connecté.
Dans une deuxième phase, les citoyens ont participé activement au processus de validation et d'essai du projet, où un service gratuit spécial a été créé avec le véhicule dans lequel les systèmes ont été testés en fonctionnement réel. Au total, 968 passagers ont pris part à 125 trajets, et l'expérience a été très appréciée.